Facebook et Twitter: Interdits

Les mots “Facebook” et “Twitter” interdits, la presse anglo-saxonne s’esclaffe

Interdire l’usage des mots “Facebook” et “Twitter” à la télévision et à la radio ? La règle édictée la semaine dernière par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) français fait bondir la presse anglo-saxonne.

The words “Facebook” and “Twitter” are forbidden, the English-speaking press laughs

Prohibition of the usage of the words “Facebook” and “Twitter” on television and radio?  The rule enacted last week by the France’s Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA), their equivalent to America’s Federal Communications Commission (FCC), has energized the Anglo-Saxon press.

 

La presse anglo-saxonne s’étrangle de rire… ou d’indignation. À la fin mai, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) français a décidé d’interdire aux médias de mentionner Facebook et Twitter, sauf si l’actualité concerne directement ces deux plateformes. Il s’agirait, selon le CSA, d’éviter de faire une publicité clandestine aux deux réseaux sociaux.

The Anglo-Saxon press choking with laughter… or indignation. In late May, the CSA decided to ban members of the French media from mentioning Facebook and Twitter, unless the news relates directly to these two platforms.  This would, according to the CSA, prevent surreptitious advertising for both social networks.

 

La nouvelle vient, semble-t-il, tout juste d’atterrir dans les oreilles des blogueurs et des journalistes anglophones car, en ce début de semaine, rares sont ceux qui ne commentent pas cette “règle absurde et ridicule”, comme l’a qualifiée le journaliste John Johnson, sur le site américain Newser. Il lui a même décerné à cette nouvelle mesure la palme de la “règlementation la plus bizarre de la semaine”.

The news has, it seems, just landed in the ears of English-speaking bloggers and journalists.  Since the beginning of the week, there are few who have not commented on the “absurd and ridiculous rule,” like the journalist John Johnson, on the American website “Newser.”  He even awarded the prize this new measure of “most bizarre regulation of the week.”

 

“Ce n’est pas une blague !”, prévient, goguenard, Matthew Fraser, un journaliste anglo-canadien basé à Paris, sur son blog intitulé “This much I know”. Pour lui, cette interdiction, “fruit de la bureaucratie française, véritable cauchemar kafkaïen”, n’est que l’expression de la “folle obsession des Français pour des lois et des règlements”. Pourquoi Facebook et Twitter sont-ils visés ? “Je me demande s’il ne s’agit pas purement et simplement d’une hostilité de principe des institutions françaises aux symboles de la domination anglo-saxonne”, s’interroge le journaliste.

“This is not a joke,” mockingly warns Matthew Fraser, a British-Canadian journalist based in Paris, on his blog titled “This Much I Know.”  For him, this ban, the “fruit of the French bureaucracy, a Kafkaesque nightmare,” is nothing more than an expression of a “mad French obsession for laws and regulations.”  Why Facebook and Twitter?  “I wonder if it isn’t simply, in principle, French hostility toward the symbols of Anglo institutions” asks the reporter.

 

Dans la même veine, le “Huffington Post” rappelle qu’en 2003, les autorités françaises avaient tenté d’éliminer le mot “e-mail” du vocabulaire français pour le remplacer par “courriel”. Pour ce faire, elles avaient décidé de bannir l’horrible vocable anglophone de toute la communication et de toutes les publications gouvernementales. Peine perdue : si les différents ministères français respectent globalement la consigne, elle n’a pas suffi à changer les habitudes des Français : “courriel” n’a pas détrôné “e-mail”.

In the same vein, “The Huffington Post” recalls that in 2003, French authorities had tried to eliminate the word “e-mail” from the French vocabulary and replace it with the French word “courriel” (“mail”).  To do this, they had decided to ban horrible English words from all communication and all government publications.  Not a chance: regardless of whether the various French ministries universally complied, it was not enough to change the habits of the French; “courriel” has not dethroned “e-mail.”

 

Paraphraser Twitter et Facebook

“Oh la la !”, fait mine de s’offusquer – en français – le journal britannique “Daily Mail” dans un article sur l’affaire. Les télévisions et radios françaises contraintes de paraphraser Facebook et Twitter pour promouvoir leurs pages ? Le journaliste en rit d’avance. Tout comme celui du “Times”, qui entend déjà les présentateurs prononcer des phrases interminables du genre : “Rendez-vous sur le site où il est possible de publier instantanément des messages de 140 caractères maximum”. Tout ça pour éviter “une publicité subliminale liée à l’utilisation des mots Facebook et Twitter”.

Paraphrasing Twitter and Facebook

“Oh la la!” reads the British newspaper “Daily Mail” in an article on the situation, in mock offense (in French).  French television and radio are constrained to paraphrasing the words “Facebook” and “Twitter” when promoting their pages?  The reporter laughed in advance.  Likewise, the “Times,” which has already heard presenters utter long sentences like: “Visit the site where you can instantly publish messages of 140 characters or less.”  All this just to avoid “subliminal advertising related to the use of the words Facebook and Twitter.”

 

Le site spécialisé TechCrunch, citant le blog du journaliste français Benoît Raphaël intitulé “La social NewsRoom”, propose ainsi diverses façons de contourner l’interdiction. “La manière confuse : ‘Vous pouvez envoyer vos témoignages sur notre page de réseau social où vous avez habituellement des amis. Attention, ne pas confondre avec l’autre où il n’y a pas d’amis mais des followers. Ou la manière blasée : ‘Retrouvez-nous où vous savez'”.

The niche website TechCrunch, citing the blog of French journalist Benoît Raphaël entitled “Social NewsRoom” proposes ways to circumvent the ban. “The confusing manner: ‘You can post your testimonials on our social network where you usually have friends.  Be careful not to be confused with the other (site) where there are no friends, but followers.  Or the jaded ‘Find us you-know-where.'”

 

De façon plus sérieuse, Memeburn, un site consacré à “l’analyse des marchés émergents”, concède : “L’objectif du CSA – ne pas léser les autres réseaux sociaux – est sans nulle doute louable”. Mais condamne ensuite “avec beaucoup de respect” cette règle “ridicule”. “Facebook et Twitter sont désormais bien plus que des entreprises privées, ce sont devenues de véritables plateformes de l’expression publique”, estime le site, qui fustige une décision “absurde et nuisible”.

More seriously, Memeburn, a site devoted to “analysis of emerging markets,” concedes: “The purpose of the CSA is not to injure the social networks, and is, without any doubt, laudable.” But it then condemns “with great respect” the rule as “ridiculous.”  “Facebook and Twitter are now much more than private companies, and have become real platforms of public expression,” said the site, which criticizes an “absurd and harmful” decision.